Un texte écrit à l'attention de la revue suisse Recto-Verseau, numéro de juin 2004
L'acceptation
n'est pas une volition.
L'acceptation n'est pas une intention.
L'acceptation
n'est pas une action.
L’acceptation n’est pas une résignation.
L'acceptation est ce que nous sommes.
Être ce
que nous sommes ne demande pas d'effort.
Être ce que nous sommes
ne peut être enseigné.
Être ce que nous sommes ne peut être acquis.
Être
ce que nous sommes ne peut être saisi.
Être ce que nous sommes est être silence.
Personne
ne soigne personne.
La conscience se fait écho à elle-même.
Elle
se cherche au tréfonds de l'illusion.
Illusion d'être quelqu'un,
illusion d'être quelque part.
L’absence d’illusion est lucidité.
Le moi
s'attache à l'identité comme la limaille à l'aimant.
Sans identité,
qui suis-je ?
Libre d'identité est absence du moi.
Libre d'identité
est présence en soi.
Sans identité, je suis.
La croyance
est un voile posée sur la vérité.
Elle est illusion de sécurité.
Un
mental silencieux n'a rien sur quoi s'appuyer.
Sans appui, il est
verticalité et horizontalité.
Sans croyance et sans croyant, la liberté est.
L'amour
n'appartient à personne.
Sans propriétaire, il ne peut être donné.
Qui
peut donc offrir ce qui n'appartient à personne ?
Qui peut donc offrir
s’il n’y a personne ?
L'amour est quand je ne suis pas.
La vision
est libre du voyant.
Elle contient sans saisir.
Elle unit sans
séparer.
Elle est la vérité qui démasque le faux.
La vision se sait sans se voir.
Sans soignant
et sans soigné règne la santé.
La santé n'est pas le fruit d'une
accumulation.
La santé résulte d'une élimination.
Elimination
de ce que nous croyons être.
Sans la pensée "je suis ceci", je suis.